Baie de Robertson. Village de Siorapaluk. 19 septembre. Nous avons passé la nuit dans la baie et débarquons au petit matin, par beau soleil,  sur la plage de Siorapaluk, un petit village de 80 habitants (latitude 77° 37’). Il fait très froid. La plage, de sable fin, est semée de growlers translucides. Un des chasseurs rencontrés à Etah, originaire du village, nous honore en se faisant photographier avec sa culotte en peau d’ours. Un autre nous montre son art en ciblant une petite pierre, posée sur une plus grande, qu’il atteint avec son fouet de traîneau (photo page Groenland 2 b). 

Retour au bateau et départ pour Qaanaaq ou Thulé.  Ce village fut créé pour y loger les gens déplacés de leur propre village par les Américains US  qui installèrent à la place une base militaire. On était en pleine guerre froide, en 1951. Nous arrivons le samedi 20 à l’ancien village (Old Thule) encore appelé Dundas, situé près d’une petite montagne au sommet tabulaire. C’est un magnifique plateau, propice à la chasse, qu’on dû quitter les habitants. Quelques maisons abandonnées, et au loin, les installations de la base militaire US, encore occupée de nos jours. Nous arpentons le village où demeurent quelques maisons que viennent parfois occuper des chasseurs. Finalement, il n’y a pas grand chose à voir ici. Des regrets, si, devant l’abandon d’un village inuit situé dans un site aussi beau. Je songe à ce qu’en raconte Jean Malaurie. Des bernaches nous offrent un beau spectacle en se regroupant sur le plateau qu’elle font vivre de leurs envols et de leurs cris. C’est le début de la migration vers des terres plus au sud. Nous, nous restons encore dans la région. Direction la baie des météorites. En soirée, nous longeons les Crimson Cliffs (ci-dessous) aux couleurs rouges flamboyantes.

Baie des météorites. Village de Savissivik (latitude 76° 2’). La baie est ainsi nommé parce qu’une météorite de plusieurs dizaines de tonnes tomba en cet endroit il y a des milliers d’années et éclata en morceaux. Les Inuit en exploitèrent le métal, essentiellement du fer, jusqu’à ce que l’Américain Peary ne s’en empare pour financer ses expéditions. À Savissivik, un Inuk nous montre un beau morceau de 20 kg retrouvé par lui. Nous en trouverons aussi de beaux morceaux au musée de Upernavik. 

Dans la baie des météorites, les icebergs se bousculent, au point que l’on nomme l’endroit le cimetière aux icebergs. Notre bateau avance lentement. Photo ci-dessous, nous nous rendons sur l’endroit où tomba la météorite éclatée en morceaux. Nous faisons ensuite une des plus belles sorties en zodiac, par ciel bleu et très grand froid à travers les icebergs. Voir page Groenland 2b.

Vers Kangerlussuaq.

Nous sommes encore très haut dans le Nord et à des milles de Kangerlussuaq, un aéroport située au fond d’un fjord très étroit, au sud de la baie de Disko et de Ilulissat où nous avons atterri. Il nous faudra plusieurs jours pour rallier l’endroit.

La nuit du 21-22 septembre, nous traversons une bonne partie de la baie de Melville, direction sud. Dans la journée, nous passons la péninsule de Tutulitsuaq où l’on trouve souvent des narvals, animaux de choix pour les  chasseurs Inuit. Les narvals sont réputés timides. L’observation à la jumelle ne donne rien. Nous passons au large du glacier Seenstrup, dont le front mesure pas moins de 45 kms. Une sortie en zodiac nous fait découvrir de « nouvelles terres ». il s’agit de limons découverts suite au recul du glacier. Le réchauffement climatique se fait ressentir ici.

23 septembre. Baie de Tasiussaq, village d’Appilatoq. Une nuit de navigation et nous voilà 72° 52 de L. N. Appilatoq est un village très actif de chasseurs et de pêcheurs. On y accède par un ponton étroit, genre passerelle, et fort gelé.

La viande de renne sèche contre les murs de la maison. Les peaux d’ours sèchent au grand air. Le même jour,  débarquement à Upernavik, qui fait figure de capitale avec ses 1500 habitants. On y trouve un très joli musée sur la culture et l’histoire des Inuit, telle cette  ancienne photo de famille.  

Mercredi 24 septembre. Nous passons de nouveau devant la baie de Disko d’où nous sommes partis, et longeons en Zodiac les côtes basaltiques en tuyaux d’orgue. Le Jeudi 25, nous sommes à Itillideq (66°33’) loin, très loin d’Etah, Savissivik et de tous les villages du nord. La végétation y est très différente, on sent le sud et un peu de cet été qui, tout au Nord, était beaucoup moins visible !

Encore un peu de navigation pour arriver à Kangerlussuaq où nous arrivons après une nuit de remontée d’un fjord terriblement étroit. Kangerlussuaq, c’est juste quelques habitations-dortoirs en bois, pour les gens qui attendent l’avion. Car il n’y a rien d’autre ici qu’un aéroport. L’avion que nous devons prendre au matin n’arrive pas. Il paraît que c’est courant. Nous le prendrons le lendemain, après un jour de plus passé en terre groenlandaise, et un peu plus de trois mille kilomètres de navigation.

This site uses cookies. Some of the cookies we use are essential for parts of the site to operate and have already been set. You may delete and block all cookies from this site, but parts of the site will not work.